Lire un manga en japonais, c'est l'objectif que me confient le plus souvent mes nouveaux élèves. Et c'est un très bon objectif, parce qu'il est concret et qu'on voit vite ses progrès.
Certains mangas sont accessibles bien plus tôt qu'on ne le pense, mais pas tous, et il faut bien les choisir.
Shonen, shojo, seinen : des niveaux de lecture très différents
Un manga shonen comme Dragonball ou Doraemon utilise des hiragana, des katakana, et des kanji simples souvent accompagnés de furigana - ces petits caractères au-dessus des kanji qui indiquent leur lecture. C'est conçu pour les enfants japonais, ce qui en fait paradoxalement un bon point d'entrée pour les apprenants étrangers.
Un manga seinen comme Berserk ou Vagabond, en revanche, suppose un niveau avancé : kanji sans furigana, registres de langue variés, argot, expressions idiomatiques. Ce n'est pas un point de départ.
Par où commencer concrètement
Pour commencer à lire un manga en japonais, voici ce qu'il faut avoir en tête. D'abord maîtriser les deux alphabets phonétiques : hiragana et katakana. Ensuite connaître les 100 à 200 kanji les plus fréquents. Enfin choisir un titre adapté à son niveau - Yotsuba&! est souvent cité comme le manga le plus accessible pour les débutants, et à juste titre.
J'utilise moi-même Yotsuba! avec certaines classes qui maîtrisent déjà le niveau N8 et les élèves ne voient pas le temps passer. C'est très gratifiant pour eux de se rendre compte qu'ils arrivent à lire ET à traduire leur premier manga !
Pas besoin d'attendre des années d'étude pour lire un manga en japonais : c'est un outil d'apprentissage à part entière, à intégrer dès que possible dans sa pratique quotidienne. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai moi-même progressé - en lisant, en butant, en cherchant, et en recommençant.